dimanche, octobre 4 2009, 16:24
La lecture du rapport du Groupe d’experts laisse pantois.
Par Sous la loupe - Réactions - Lien permanent
Les experts estiment que la gouvernance de la HES-SO est problématique notamment “à cause d’une forte implication du domaine politique dans la conduite de la HES-SO” et les experts veulent y remédier en “limitant l’implication politique à la haute surveillance de la HES-SO.” Les cantons qui paient 70% de la facture n’auront plus que 5 voix, soit une par canton.
Admettons ce jugement de valeur peu amène pour les compétences des acteurs institutionnels à l’égard desquels tout système démocratique est sensé prêté quelques vertus. Le rapport est d’un silence assourdissant quand aux « perturbations » que la présence du politique provoquerait. Quand on juge, on apporte des preuves de la sentence. L’accusation est grave et elle est retorse, elle fait passer pour un postulat ce qui pourrait faire l’objet d’une question. Ce postulat pour le moins cavalier autorise les rédacteurs de ce rapport à faire l’économie de toute démonstration: concrètement en quoi la présence du politique empêche-elle une administration d’être performante? Derrière ce postulat se cache une croyance, une idéologie dont nous connaissons fort bien les contours caricaturaux. Cette idéologie se déploie dans pratiquement tous les secteurs administratifs : l’économie de marché saura mieux faire que les services publics, démantelons ce qu’il y a à démanteler, les prestations ne s’en porteront que mieux.
Citoyennes et citoyens de ce pays, les vertus pour le moins discutables: baisse de la qualité, centralisation, augmentation de coûts, raréfaction des services dans les périphéries. Tout cela au nom de principes dont il faudra bien discuter la pertinence en termes d’efficacité et de durabilité: le principe obscur d’économie d’échelle, le critère discutable de taille critique, la foi aveugle des vertus de la concurrence et de la compétition pour ne citer que ceux-là. Ce rapport des experts de la HES-SO, n’est pas le produit d’une réflexion objective, mais un bréviaire assemblant maladroitement des croyances face auxquelles l’acteur politique se réduit au rôle mineur d’une modeste instance de recours à laquelle on demande en plus de payer et de se taire. Les contribuables apprécierons…
Josette Gyger
Billet reçu par notre formulaire de contact, dimanche à 13h48
4 commentaires
Cher Josette, si l'on regarde une carte il y a six cantons romands plus, pour la HES-SO, la partie francophone du canton de Berne soit 7 voix. Pourquoi alors seulement 5 voix pour les cantons?
Eh oui, les cantons n'auront que 5 voix, soit
une pour Genève
une pour Vaud
une pour Fribourg
une pour le Valais
une pour la HE-ARC soit Neuchâtel-Jura-Jura Bernois
Nous sommes trois, mais nous n'avons qu'une seule voix. Voilà, le processus de centralisation en action, c'est-à-dire une perte du pouvoir décisionnel des cantons dits périphériques.
Ou alors peut-être que les experts dans leur "vison à long terme" anticipent l'éventuelle création d'un éventuel "canton de l'Arc jurassien".
Katia Babey
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